Taux d'obésité infantile galopant d'un côté... volonté de lutter contre de l'autre. Education à la nutrition dès la maternelle d'un côté... messages publicitaires pour des produits gras et sucrés de l'autre ! Pas facile de s'y retrouver pour un enfant, soumis dès son plus jeune âge à de nombreux messages, parfois contradictoires !

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Publicité : que retiennent nos enfants ?

Les enfants, particulièrement les 4-10 ans, sont des « éponges » qui enregistrent en permanence tout ce qui se passe dans leur environnement. Sont-ils particulièrement attentifs aux messages nutritionnels, notamment ceux véhiculés par la publicité ? Avis d'experts.

A l'initiative du Ministère de la santé, 2008 a été l'année d'un vaste débat national, sur l'influence, réelle ou fantasmée, de la publicité alimentaire sur l'augmentation de l'obésité infantile. Résultat : la nécessité de faire défiler un message "Evitez de manger trop gras ou trop sucré !" et la promotion de contenus pédagogiques sur les bons comportements nutritionnels" ! 

Mais face à cette surenchère de messages, quels sont ceux que nos bambins retiennent réellement ? Entre les messages éducatifs reçus dès la maternelle... et les publicités vantant des produits gras et sucrés, font-ils le tri ? Pour Patrick Serog, médecin nutritionniste et co-auteur avec le docteur Jean-Michel Cohen du best-seller «Savoir Manger » (Flammarion), «les enfants, y compris les très jeunes, sont d'abord touchés par les images et intègrent en priorité des notions simples comme trop gras, trop sucré, bon, pas bon ». Sylvie Aubonnet-Caupin, médecin nutritionniste et auteur de « Mieux manger avec nos enfants » (Albin Michel) ajoute : «les enfants enregistrent en permanence des messages nutritionnels mensongers ou erronés via le matraquage publicitaire de l'industrie agroalimentaire. Et si certains de ces messages sont scientifiquement corrects, ils sont mal ou pas du tout compris par les enfants et leurs parents ». Elle cite deux exemples révélateurs. Celui où l'on fait croire que la célèbre barre chocolatée fourrée apporterait « autant de calcium qu'un verre de lait », alors qu'il faudrait en réalité en manger 5 ou 6 d'affilée pour atteindre la même quantité de calcium ! Et celui des céréales enrichies en vitamines diverses et variées qui, en soi ne sont pas néfastes, mais n'apportent pas les mêmes quantités ni la même qualité de nutriments que ceux contenus dans une alimentation variée.

En consultation, les médecins constatent les effets pervers de ces messages contradictoires. Soit les parents, et par mimétisme leurs enfants, ne croient plus en rien, ne savent plus à quel saint se vouer. Et diabolisent l'alimentation. Soit, à contrario, ils prennent toute information pour argent comptant.

Des restrictions alimentaires : de plus en plus jeunes
Pour Paule Nathan, médecin nutritionniste et auteur du « Guide de l'alimentation pour les familles » (Odile Jacob), « les enfants et leurs parents sont pris dans l'ambivalence actuelle des sociétés occidentales : l'aliment est surabondant, facile à acheter et l'alimentation un comportement potentiellement à risque, à surveiller. De manière générale, je constate que l'aliment est vécu de façon extrême par les enfants, soit comme un élément qui fait grossir, soit qui ne fait pas grossir. Et j'entends par exemple de plus en plus souvent les 9-10 ans évoquer des problèmes de surpoids totalement imaginaires ». Résultat : un nombre croissant de filles et garçons s'imposent, dès les classes primaires, des restrictions alimentaires dangereuses pour leur santé. Ces premières déviances mènent certains à l'anorexie ou la boulimie quelques années plus tard.

Une source d'inquiétude pour les parents :
Indéniablement, notre rapport d'adulte à la nourriture s'est profondément modifié. Et comme le souligne un sondage Sofres réalisé en 2002*, l'alimentation d'un enfant sur quatre est source d'inquiétude pour les parents et/ou prétexte à conflit.
« Si pendant des générations, on se nourrissait pour vivre, on se rend compte de nos jours que l'alimentation peut avoir un impact décisif sur la longévité. Les parents ont donc à coeur de donner le meilleur pour leurs enfants. Cette angoisse, moderne, va de pair avec une demande incessante d'information», insiste Patrick Serog,. Une remarque qui corrobore l'autre enseignement du sondage Sofres : 39 % des parents estiment qu'ils feraient mieux s'ils étaient mieux informés...

*enquête Ocha/Sofres réalisée en 2002 auprès de 533 parents répondant pour 914 enfants âgés de 2 à 16 ans.

 

> Vidéos : Les astuces pour bien faire manger les enfants

 

Groupe Avril